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Effets collatéraux

Concurrence avérée

Les éleveurs de moutons'inquiètent de la

concurrence des méthaniseurs dans l'aube.

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Avec dix digesteurs en activité et plus d’une quinzaine en construction ou en projet, la méthanisation prend de l’ampleur dans l’Aube. De quoi inquiéter les éleveurs ovins ?

La méthanisation, concurrente de l’élevage pour l’accès aux aliments ? C’est l’inquiétude exprimée par une partie des éleveurs présents à l’assemblée générale du Groupe d’étude et de développement agricole ovin de l’Aube, le Gedao, vendredi 25 septembre. Selon les données communiquées par la chambre d’agriculture de l’Aube, le département compte aujourd’hui dix méthaniseurs en fonctionnement, six autres sont en construction et plus d’une dizaine sont en projet. Parmi les projets qui font grincer des dents les éleveurs, tous ceux qui ont inclus dans leur gisement des pulpes de betterave.

17 000 brebis dans l’Aube

Avec ses 17 000 brebis réparties dans 80 exploitations, l’Aube n’est pas spécialement un poids lourd de l’élevage ovin. Elle se situe loin derrière la Haute-Marne et ses plus de 40 000 brebis, par exemple. L’atelier ovin sert souvent de source complémentaire de revenus pour une exploitation à dominante céréalière. La brebis est aussi utilisée comme outil agronomique, à la fois pour la destruction des couverts et la fertilisation des sols, "une lame de coupe à l’avant avec un épandeur à l’arrière".

"30 balles de la tonne de matière"

Sauf que, dans une année où la pousse de l’herbe est en déficit de 30 %, où les couverts n’ont pas pu être implantés faute de fenêtre météo et où les betteraves sont à la peine, la concurrence entre élevage et méthanisation pour l’accès aux surfaces alimentaires ou aux coproduits issus de la transformation de la betterave risque d’être rude. Sans oublier qu’avec le changement climatique, ces conditions vécues jusqu’ici comme exceptionnelles pourraient devenir la norme. Comme l’indique avec amertume un éleveur dont la pulpe de betterave est un des principaux gisements d’aliment pour ses brebis : "30 balles de la tonne de matière brute, nous, en mouton, on n’est pas capable de le faire...".

75 % des charges dans l’alimentation

Pour l’élevage ovin, c’est un souci, parce qu’il s’agit d’une des rares filières d’élevage à avoir su conserver une rentabilité malgré une conjoncture souvent complexe. "On peut gagner sa vie en mouton, il faut bien travailler", estime Michaël Floquet, le nouvel animateur du Gedao (lire ci-contre). Mais, comme partout, le diable se niche dans les détails et les situations sont très contrastées d’un élevage à l’autre. Même s’il manque aujourd’hui de références technico-économiques, Michaël Floquet cite des marges brutes qui font le grand écart, de 35 à 145 € par bête. Quand 75 % des charges sont liées à l’alimentation, on comprend les sueurs froides qu’une augmentation du prix de l’aliment peut provoquer.

Conforter l’élevage sur le territoire

Et ce qui est vrai pour l’élevage ovin, l’est aussi, au moins en partie, pour les autres filières d’élevage. Pour Alain Boulard, président de la chambre d’agriculture de l’Aube, il faut « trouver le juste équilibre », même si un des soucis, c’est le manque de contrôle sur la répartition géographique des méthaniseurs. "La méthanisation va avoir des conséquences sur l’élevage et sur la déshydratation", confirme-t-il, évoquant aussi le débat de "l’accès à l’eau". Ironie de l’histoire, "au départ, la méthanisation servait à conforter l’élevage sur le territoire".

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