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AVIS SCIENTIFIQUES

Méthanisation - Qu'en est-il réellement ?

Le CSNM et le GREFFE nous informent

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Un résumé établi

par le regroupement "Citoyens pour le climat"

à propos du rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat)  de août 2021

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La méthanisation agricole ne répond pas aux objectifs de la loi de transition énergétique de 2015

La production de biométhane à partir de cultures agricoles dédiées conduit à un bilan négatif au niveau des rejets de CO2 et de l’énergie, fournit des fertilisants de qualité médiocre et peut placer les agriculteurs en situation financière délicate.

A l'heure de la mise

en route d'un méthaniseur industriel qui va traiter 65 000 tonnes de déchets par an, sept scientifiques de renom signent une tribune dans La Vie Quercynoise.

Le Collectif Scientifique National Méthanisation (CSNM)

et le GREFFE nous apportent ci dessous une autre réalité.

Alors que le Sénat doit rendre un rapport sur la méthanisation (octobre 2021), qu'en sera-t-il de la politique actuelle ?

A ce sujet, nous ne pouvons que déplorer la non-audition des associations et collectifs (plus de 200 à ce jour) ou de leurs représentants.

Deux collectifs de scientifiques dénoncent le développement de la méthanisation qui ne répond pas aux enjeux prioritaires de l’énergie, de l’environnement et de l’agriculture.

La loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte de 2015, s’exprimant par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, fixe l’objectif de porter la part du biométhane à 7 % de la consommation de gaz en 2030 évaluée à 440 TWh, et une production de 140 TWh en 2050, dont 90% serait d’origine agricole. Face à l’étendue de tels projets, les scientifiques réunis en deux collectifs ont voulu étudier un à un les atouts supposés de la méthanisation et leurs conséquences au cours des prochaines décennies.

 

La production d’énergie par fermentation anaérobie de matière organique.

La méthanisation met en jeu de nombreuses étapes, très énergivores pour la plupart, pour aboutir à la synthèse du biogaz, converti ensuite en électricité ou en biométhane injecté dans le réseau de gaz national :

  • (i)- mise en place de cultures de fourrages ou de céréales dédiées,

  • (ii)- collecte, transport, stockage sur site des différents intrants organiques,

  • (iii)- chargement des substrats dans les unités de fermentation,

  • (iv)- chauffage du milieu fermentaire à 39 ou 52° C selon la méthode de fermentation utilisée et agitation continue en l’absence totale d’oxygène,

  • (v)- séparation du biogaz et des résidus liquides et solides appelés "digestats",

  • (vi)- purification du biogaz par l’association de méthodes chimiques (lavage aux amines par exemple) et physiques (cryogénie, filtration membranaire…) jusqu’à l’obtention de 97 % de méthane,

  • (vii)- odorisation et compression du biométhane avant son injection dans le réseau,

  • (viii)- en cas de cogénération, le biogaz actionne des moteurs thermiques ou des turbines à gaz qui génèrent de la chaleur et de l’électricité, cette dernière étant ensuite injectée sur le réseau national,

  • (ix)- transport et épandage des digestats sur les terres agricoles. A l’évidence, la multiplicité des étapes dans le process de "fabrication" du biométhane conduit à un bilan énergétique inférieur à celui du gaz naturel qui, lui, a été synthétisé dans le sous-sol profond sans coût énergétique.

Les calculs de bilans carbonés et des émissions de gaz à effet de serre ainsi que l’évaluation des taux de retour énergétique confirment ce diagnostic.

 

L’analyse du taux de retour énergétique (TRE) du biométhane.

Il est pour le moins surprenant de constater que les pouvoirs publics aient décidé de prioriser la méthanisation dans la production énergétique des prochaines décennies alors qu’aucune donnée existe sur son TRE ! Nous avons choisi d’estimer le TRE du biométhane à partir de celui du bioéthanol dont le mode de production est proche de celui utilisé par la méthanisation. Le fait que le bioéthanol soit issu de fermentations de substrats à haute valeur énergétique (canne à sucre, betterave sucrière, amidon de céréales…) lui donne un avantage certain dans le rendement énergétique de la biotransformation par rapport à la méthanisation. Selon l’OPECST, le TRE du bioéthanol varie de 0,7 à 1,8 ce qui nous amène à proposer la valeur de 0,7 à 1,0 pour le TRE du biométhane. Or, il est reconnu que des valeurs faibles de TRE, typiquement inférieures à 10, ne sont pas énergétiquement rentables.

 

L’examen de la "neutralité carbone" du biométhane.

La qualité de "neutralité carbone", souvent soulignée par les promoteurs de la méthanisation, devrait reposer sur l’écart entre, d’une part, la quantité de dioxyde de carbone émise au cours de toutes les étapes de production et de combustion du biogaz et, d’autre part, la quantité de dioxyde de carbone fixée par la photosynthèse des végétaux introduits dans les fermenteurs, et par le retour de carbone aux sols via les digestats. En fait, les demandes d’enregistrement présentent le bilan des gaz à effet de serre (GES) d’une installation de méthanisation en le comparant à "celui qui existerait en l’absence de cette installation". Cette démarche complexe utilise le modèle de calcul DIGEST 2 qui cible principalement les "GES évités par la méthanisation" et biaise les résultats ; ainsi, les demandes d’enregistrement mentionnent qu’une installation de 650 kW permet d’éviter 5 000 tonnes de CO2 eq. annuellement ! De plus, elle ignore totalement l’apport des climatologues sur le cycle du CO2 atmosphérique  (voir article, figure 1). Quelle que soit sa provenance, des données scientifiques récentes indiquent que sur 100 unités de CO2 émises dans l’atmosphère, 45 unités y restent quasi définitivement pour notre échelle de temps et participent ainsi à l’aggravation de l’effet de serre, 26 unités sont dissoutes dans les océans et les acidifient. Parmi les 29 unités de CO2 revenant sur la partie émergée du globe, seulement 8 unités (sur les 100 unités émises) seront fixées par la biomasse végétale. La "neutralité carbone" de la méthanisation n’est donc pas une réalité physique.

Lire la suite de l'article.

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Lot.

Renforcer l'Observatoire scientifique sur la méthanisation en créant un 7ème atelier

Il s'agit de mesurer l'incidence possible des épandages de digestat sur les abeilles, la microfaune du sol, la qualité des eaux souterraines et celle de l'air (les odeurs)...

Où l'on apprend également que

l’Allemagne fait marche arrière sur la méthanisation.

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"Certes, les vers

de terre sont importants dans

un sol,

mais ils ne sont pas tout, même qu’une toute petite partie d’un système écologique qui réclame que nous gardions la tête froide, tant son fonctionnement intime demeure toujours un mystère".