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Faits de connivence

Gaz, pétrole, charbon russes :

L'europe veut son indépendance et oublie la sobriété

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Claude Aubert :

"Le pire ennemi de la bio, c'est la bio industrielle"

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La lessive verte …

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Greenwashing :

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[Climato-éthique]

La biomasse est une énergie renouvelable maltraitée

L'analyse

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Pour une énergie plus verte ?

Pour faire des économies plus vertes ?

En tout cas non vertueuse, seulement verte tueuse

WWFQuelsEnjeuxPourUnDéveloppementDurab

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Développement du biométhane

Quels enjeux

pour un développement

durable

 

 

 17 mars 2022 

La Commission européenne a dévoilé le 8 mars son plan pour s’affranchir des importations de produits fossiles russes.

S’il défend les renouvelables, le document ignore la sobriété, une alternative pourtant prometteuse et facile à mettre en place.

"Ne pas dépendre d’un fournisseur qui nous menace ouvertement" : voilà l’objectif du plan "REPowerEU" de la Commission européenne, dont les grandes lignes ont été présentées mardi 8 mars, et qui seront débattues par les chefs d’État réunis à Versailles les 8 et 9 mars. Depuis le début de la guerre contre l’Ukraine, le 24 février, les têtes pensantes de Bruxelles s’échinent à trouver des solutions pour réduire la dépendance des vingt-sept États membres aux produits fossiles russes, qui représentent 45 % du gaz, 45 % du charbon et 25 % du pétrole importés par l’Union européenne (UE).

Cette addiction rapporte gros au régime de Vladimir Poutine : selon l’organisation Transport et Environnement, l’Europe octroierait chaque jour 285 millions de dollars (environ 262 millions d’euros) à la Russie pour couvrir ses besoins en pétrole. Afin d’éviter qu’elle ne puisse utiliser ses ressources comme une arme économique et politique, la Commission recommande d’accélérer la "transition vers une énergie propre". En faisant l’impasse sur les économies d’énergie, au grand dam des organisations écologistes.

La stratégie de la Commission européenne s’articule pour le moment autour de quatre axes : accélérer le développement des énergies renouvelables, augmenter les capacités de stockage de gaz, renforcer l’efficacité énergétique et diversifier les sources d’approvisionnement des pays de l’UE. La Commission espère ainsi réduire de deux tiers la demande en gaz russe d’ici la fin de l’année, et rendre l’Europe complètement indépendante de Moscou avant 2030. "Le moment est venu de s’attaquer à nos vulnérabilités et de devenir rapidement plus indépendants dans nos choix énergétiques", a déclaré dans un communiqué le vice-président exécutif chargé du pacte vert pour l’Europe, Frans Timmermans.

Pour ce faire, la Commission envisage notamment d’augmenter ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL), qui peut être transporté par voie maritime. Cette proposition fait bondir Neil Makaroff, en charge des questions européennes au Réseau Action Climat (RAC). "Cela transformerait notre dépendance envers la Russie en une dépendance envers d’autres puissances, comme les États-Unis, le Qatar ou l’Azerbaïdjan", dit-il à Reporterre. Le GNL est un produit fossile, rappelle-t-il. "L’Italie a suggéré qu’elle pourrait rouvrir des centrales à charbon, d’autres pays veulent construire des terminaux méthaniers [qui permettent de regazéifier le GNL transporté par des navires]. Le risque est que l’on remplace le gaz, le pétrole et le charbon russes par d’autres sources d’énergie fossile".

La "seule sortie de crise possible", selon lui, est "la transition écologique", grâce à l’essor des énergies renouvelables, l’accélération du rythme des chantiers de rénovation énergétique et la sobriété. "Ce sont autant de solutions qui peuvent baisser fortement notre consommation énergétique sur le très court terme", assure-t-il.

Des solutions "efficaces, peu coûteuses"

Pour le moment, la Commission rechigne à envisager une réduction de notre consommation d’énergie. "La politique la plus efficace et la plus économique à mettre en place est celle qui est la moins discutée, malheureusement", a regretté dans un communiqué Thomas Pellerin-Carlin, directeur du centre Énergie de l’Institut Jacques Delors. Son potentiel est pourtant immense, selon une note publiée le 8 mars par l’association Négawatt.

Malgré son important parc nucléaire, la France reste fortement dépendante du gaz et du pétrole russes, qui représentent 20 et 13 % de ses importations. Ces produits fossiles sont en grande majorité utilisés pour se déplacer, se chauffer et, dans une moindre mesure, produire de l’électricité. Grâce à des actions de sobriété simple (limiter la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h, revenir aux 80 km/h sur les routes nationales, réduire de 10 %, ses déplacements en voiture, etc.), l’association estime que nous pourrions économiser environ 90 térawatts-heures (TWh) de pétrole, sur 140 TWh d’importation de pétrole russe par an.

Isoler les ballons d’eau chaude, abaisser la température de chauffage de 1°C et réduire l’éclairage public permettraient également de réduire notre consommation de gaz. Une économie substantielle de 27 TWh (sur les 320 TWh dédiés en France au chauffage et la production d’électricité) pourrait ainsi être réalisée, selon les experts de Négawatt. "Ces solutions sont efficaces, peu coûteuses et assez simples à mettre en œuvre, dit à Reporterre Marc Jedliczka, porte-parole de l’association. Il est temps de s’y mettre sérieusement".

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La Bretagne, malade de l’ammoniac

Splann ! est une association de loi 1901 dont l’objet est de produire des enquêtes journalistiques d’utilité publique en Bretagne et dans le monde, en français et breton. Son siège est établi à Guingamp, dans le Trégor (Côtes-d’Armor).

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