Collectif National Vigilance Méthanisation canal historique

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CNVMch

La majorité des membres fondateurs du CNVM a souhaité prolonger la dynamique et

l'état d'esprit initial du Collectif National Vigilance Méthanisation.

Le CNVMch "canal historique" se définit par cette continuité. 

 

Pour agir, il faut étudier et comprendre les enjeux concernés. 

Il ne s'agit pas ici d'opposition mais de clairvoyance.

Nous nous devons, chacun à notre niveau, d'observer et d'être vigilants

face aux dangers, menaces et dérives de cette industrie. 

 

Appuyés, pour l'approche scientifique, par le CSNM (Collectif Scientifique National Méthanisation raisonnable), notre objectif est d'informer et d'accompagner celles et ceux qui y sont confrontés.

 

   16 juin 2022    

 

La méthanisation en Bretagne et en France

par Jean-Pierre Le Lan

 

Je représente le Collectif National Vigilance Méthanisation.(le CNVMch)

Nous sommes deux référents pour la Bretagne.

S’il y a plus d’un millier de méthaniseurs en France, la Bretagne est une des régions les plus impactée, en nombre de méthaniseurs par km carré. Elle a, de plus, deux spécificités qui rendent la méthanisation encore plus inquiétante que dans d’autres régions :

1) L’eau potable est issue aux trois quarts des eaux superficielles (celles des rivières), contrairement au reste de la France, ou ce sont les eaux profondes qui sont majoritaires. Les risques d’atteinte à l’eau potable en sont accrus, l’accident de Châteaulin en témoigne.

2) La bretagne est la première région d’élevage de France, malgré ses seulement 6% de surface agricole utile.

Première conséquence : l’eau potable en Bretagne est polluée, par les nitrates, les pesticides, etc.

Seconde conséquence qui concerne directement la méthanisation : depuis des années, on a convaincu les agriculteurs qu’ils devaient installer des méthaniseurs puisque ils avaient, et pour cause, beaucoup de matières organique avec les lisiers et les fumiers.

En oubliant que :

  • les effluents d’élevage sont très peu méthanogènes. Il faut ajouter d’autres matières organiques pour que ça soit rentable, même en les subventionnant et en leur achetant l’énergie 5 fois plus cher que le prix de marché,

  • il n’avait pas été démontré, bien au contraire que les "indigestats" étaient bénéfiques pour tous les sols (encore aujourd’hui, ce n’est pas tranché),

  • le rachat de l’énergie "à prix d’or" constituait une subvention indirecte, prise dans la poche du contribuable et ça allait finir par se savoir,

  • cette technologie n’était pas exempte de risques, sanitaire en particulier, mais aussi d’explosion et surtout d’emballement des réactions dans les digesteurs qui sont des réacteurs chimiques et qui peuvent "diverger", c’est à dire dysfonctionner,

  • la conduite de telles installations très technique était à mille lieues du métier d’agriculteur et qu’il aurait fallu beaucoup de formations,

  • les digestats étaient très volatils et lessivables et allaient aggraver la pollution de l’air par l’ammoniac et la pollution de l’eau en cas de fortes précipitations,

  • faire tourner des moteurs thermiques avec le biogaz produit allait dégager des gaz toxiques, du CO2, et d’autres gaz à effet de serre pour produire finalement une électricité avec un efficacité énergétique très faible,

  • le méthane qui représente 60% du biogaz est un gaz à effet de serre (de 25 à 80 fois plus nocif pour le climat que le CO2) et qu’en cas de fuite le réchauffement climatique en prenait un sacré coup.

Mais ça c’était avant, c’était le temps de la cogénération. Doit-on être rassurés, pas sûr du tout. Maintenant la filière d’avenir, c’est la production de méthane, c’est à dire l’injection, après s’être débarrassé des 40% de CO2 du biogaz (la planète ne dit pas merci à cette occasion) dans les tuyaux existants de GRDF qui transporte habituellement du gaz naturel fossile, ce qui ne pose pas de problème technique puisque le gaz fossile c’est le même, du méthane !

Là ou ça se corse, c’est que, comme on entend dire sur un autre sujet : "un méthaniseur ça va (quoi que !), dix fois plus, bonjour les dégâts".

Or c’est ce que nous préparent nos décideurs de tous poils, multiplier par 10 la production de "gaz vert" "en moins de dix ans, poussés par les énormes intérêt financiers des gaziers (GRDF, GRTGAz Suez, etc.) derrière lesquels courent inexplicablement le syndicat agricole majoritaire avec un lobbying digne de ce que l’on a connu avec le tabac !

Envahissent les médias, mensonges, et pas que par omission, pseudos justifications scientifiques et récemment la soi-disant obligation de compenser le gaz russe, ce qui est non seulement impossible mais qui serait catastrophique pour l’environnement.

Et évidement, en quête d’efficacité, la tentation est grande de délaisser les effluents d’élevage pour les remplacer par des cultures principales à hauteur de 15% (maximum légal) mais surtout de CIVES (cultures intermédiaires à vocation énergétique) réglementées, le tout n’étant pratiquement pas contrôlé ("pas vu pas pris"), entraînant inévitablement une dangereuse dérive par l’utilisation des terres nourricières vers l’ énergétique.

En synthèse, en plus de ces très nombreux inconvénients évoqués, la méthanisation reste un vecteur énergétique carboné, non renouvelable au sens vrai, au rendement ridicule (et surtout - n’en déplaise aux lobbies dont, à tort, le greenwashing est le principal argument) favorisant le réchauffement climatique,

 

En Bretagne, le salut ne peut venir que de la réduction drastique de la production de viande, d’une radicale transition vers une agriculture paysanne, et de l’abandon de cette filière mortifère, après un moratoire permettant de prouver son inadéquation à la Bretagne.

 

Quand à l’énergie, la société en est addicte, le sevrage est impossible,

il ne reste que la sobriété.

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Les dérives de la méthanisation

Manifestation à Rennes

Samedi 11 Juin 2022

Un rassemblement contre les dangers de la méthanisation a réuni près de 200 militants et sympathisants ce samedi à Rennes.

Avec la prise de parole de Jean-Pierre Le Lan   membre du CSNM et du CNVMch

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